Léon joue.
Il joue de l’accordéon.
Et personne ne s’en plaint, parce que plus il joue, Léon, plus les couleurs des choses se métamorphosent, se font et se défont, passant du brun au vert, du jaune d’or à l’orange vif …
Si la musique est rapide et joyeuse, les couleurs seront vives et gaies. Si la musique est lente et sombre, elles seront tristes et
mélancoliques.
Il défie les saisons Léon ! Il colorie les paysages. D’ailleurs, on le lui demande : le son de l’accordéon de Léon résonne souvent dans les maisons. Il repeint
le Monde de ce que les gens voudraient avoir dans le cœur.
Léon est comme eux, il pense que, sans lui, sans ses notes, sans son piano à bretelles, il n’y aurait pas de bonheur sur terre.
Un jour, où Léon s’occupait à repeindre les toits des maisons en vert pomme, il rencontra une petite fille. Elle était sur le bord du
chemin.
Léon s’approcha et demanda ce qui lui était arrivé. Mais la petite ne réussit pas répondre tant son chagrin était gros et lourd.
- Tu sais petite, dit Léon pour la consoler, je peux, si tu veux, donner à la forêt la
couleur de la joie !
- Pourquoi veux-tu faire une chose pareille ?
répondit la petite en ravalant ses larmes.
- Parce que tu te sentirais plus gaie si les arbres
avaient de belles couleurs !
- Mais c’est ridicule ! Tu crois vraiment que je
serais moins malheureuse ?
- Pourtant, c’est ce que me demandent les gens lorsqu’ils ont décidé d’être heureux. Regarde…
Et Léon se mit à jouer. Et les arbres de la forêt revêtirent de magnifiques parures.
Puis elle se remit à pleurer.
Léon n’avait pas tout à fait compris pourquoi la petite lui avait parlé ainsi. Cela faisait des années que Léon fabriquait des paysages gais pour les gens tristes.
Et c’est la première fois qu’on lui demandait d’arrêter et surtout qu’on lui faisait comprendre que c’était ridicule !
- Attends petite ! Je voudrais que tu
m’expliques : tu n’es pas plus heureuse, là, maintenant, dans cette magnifique forêt ?
- Cela n’a rien changé à mon malheur ! Tu vois, aujourd’hui, je pleure parce que Câlin, mon petit chat, a disparu. Crois-tu qu’il reviendra si tu changes la couleur du paysage ?
Ce que Léon venait d’entendre était un peu compliqué pour sa petite tête d’animal.
Mais il avait bien compris que ce n’était pas en changeant les couleurs du Monde qu’il ferait revenir Câlin le petit chat.
- Mais alors, petite, que puis-je faire pour
toi ?
- Aide-moi vraiment ! Aide-moi à retrouver mon petit chat. Je suis seule et découragée !
Léon, lui aussi était un peu perdu, dans sa tête !
Alors il fit la seule chose qu’il savait faire : il se mit à jouer. Il joua, il joua encore en pensant très fort à la petite fille.
Une musique différente, ni gaie, ni triste, mais qui résonnait, comme un appel, une douce mélodie, comme une caresse qui fit frissonner les feuilles des arbres.
Câlin, perdu au fond de la forêt, entendit cette musique qui ressemblait à la voix de la petite fille.
- Viens, je suis là ! lui disait la musique. Viens, je suis là !
Grâce à elle, le petit chat retrouva son chemin et vint se câliner aux chevilles de la petite fille.
- Oh merci Léon ! Merci !
- Ne me remercie pas, je t’en prie !
- Tu vois, je te l’avais dit, c’est ridicule de vouloir repeindre le monde, il est préférable de lui venir en aide. Ce sont nos yeux qui voient les choses, mais c’est notre cœur qui leur donne une couleur. Lorsque j’avais perdu Câlin, les plus belles fleurs n’avaient pour moi que la couleur du désespoir. Maintenant que Câlin est près de moi, toutes les choses, que je vois, ont des couleurs qui chantent.
La petite fille déposa un doux baiser sur la joue de Léon qui, pour la première fois de sa vie de caméléon, changea de couleur.
Pour elle, les caméléons auront toujours le goût de la joie et des retrouvailles.
Léon reprit sa route en se répétant, comme pour ne pas l’oublier : « Ce sont nos yeux qui voient les choses, mais c’est notre cœur qui leur donne une couleur. »
Alors...
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http://quichottine.over-blog.com/article-25509800.html
J'ai énormément de chance, des parrain et marraine formidables, merci. Je les embrasse fort.
Les histoires que l'on raconte aux enfants sont souvent trop pleines de bons sentiments qui, à vouloir trop les protéger, ne les préparent pas à la dureté de la vie. Est-ce bien, est-ce mal ?
J'aime quand tu relâches la pression. Me voilà libéré de l'audimat !!! Merde au BR !!!
Mais c'est un doux piège ! Et on finit par se laisser prendre ! A bientot donc et merci mille fois !
STP, lis cette histoire à tes petits bouts.
Pour tout te dire, je ne savais plus de quel coté était l'étoile. Je me suis pourtant dis qu'il fallait que je regarde les pompes de ma fille, mais je ne l'ai jamais fait. J'aurais bien dû, mes dessins sont truffés d'erreurs pour un puriste "All Star". Chut, faut pas le dire! Les petits ne sont pas encore intoxiqués !
Et pour l'illustration, une histoire comme celle-là demanderait une bonne dizaine de dessins supplémentaires et des versions multiples à chaque fois. Mais qui sait... peut-être qu'un jour je tenterai avec une bonne histoire (Mais l'épreuve de la critique des maisons d'édition est difficile. Ce blog est un début!).
Encore merci pour " Cet article est un régal, les dessins un bijou ".
Je t'embrasse
Vous m'encouragez tous et toutes.
Essaie de lire cette histoire à tes petits et raconte-moi.
A bientôt.
bises
la première pour les compliments
et la deuxième pour donner enfin une explication plausible à cette comptine qui a perturbé toute mon enfance!
Merci Merci
Moteur noyé, fin!
Tu vois bien qu'avec ce froid, je ne démarre pas !!!!
Faut toujours faire le maximum, mais moi je dors la nuit ! (et pourtant je suis vidé en ce moment).
Merci pour tes voeux.
Je vais revenir
je t'embrasse fort
et Roland itou
j'ai trouvé ton lien chez Roland, que je visite régulièrement
tes dessins sont magnifiques, j'adore la couleur de tes fonds en aquarelle, rouge-orangé-jaune, ça fait chaud au coeur...
ton histoire me rappelle saint exupéry : "l'essentiel est invisible pour les yeux" et le caméléon vient de le comprendre
merci
francine
C'est fait, elle va bien et le chat aussi.
Bien sûr elle a lu Le petit Prince en classe.,
Ah ! L'Ecole, le seul lieu actuel de la culture commune. De grâce épargnez-la, M Darkosy !!!
Je te remercie et t'embrasse
Pourquoi est-ce que je vous lie, toi et Pierre-louis ? Sas doute à cause de ce conte...
Je n'ai pas trouvé le "chez Pierre Louis"
aide-moi!!!
Je t'embrasse