Par lazza
Mercredi 17 décembre 2008 3 17 /12 /Déc /2008 18:38
Une petite histoire pleine de bons sentiments.
Je m'en excuse à l'avance, mais c'est Noël et pour les enfants.



Léon joue.

Il joue de l’accordéon.


Il joue sans repos, toujours et encore.
 

Et personne ne s’en plaint, parce que plus il joue, Léon, plus les couleurs des choses se métamorphosent, se font et se défont, passant du brun au vert, du jaune d’or à l’orange vif …


Si la musique est rapide et joyeuse, les couleurs seront vives et gaies. Si la musique est lente et sombre, elles seront tristes et mélancoliques.
 

 


Il défie les saisons Léon ! Il colorie les paysages. D’ailleurs, on le lui demande : le son de l’accordéon de Léon résonne souvent dans les maisons. Il repeint le Monde de ce que les gens voudraient avoir dans le cœur.

Léon est comme eux, il pense que, sans lui, sans ses notes, sans son piano à bretelles, il n’y aurait pas de bonheur sur terre.

 

Un jour, où Léon s’occupait à repeindre les toits des maisons en vert pomme, il rencontra une petite fille. Elle était sur le bord du chemin.
 

 



Léon s’approcha et demanda ce qui lui était arrivé. Mais la petite ne réussit pas répondre tant son chagrin était gros et lourd.


Tu sais petite, dit Léon pour la consoler, je peux, si tu veux, donner à la forêt la couleur de la joie !
 

- Pourquoi veux-tu faire une chose pareille ? répondit la petite en ravalant ses larmes.
 

- Parce que tu te sentirais plus gaie si les arbres avaient de belles couleurs !
 

- Mais c’est ridicule ! Tu crois vraiment que je serais moins malheureuse ?
 

- Pourtant, c’est ce que me demandent les gens lorsqu’ils ont décidé d’être heureux. Regarde…


Et Léon se mit à jouer. Et les arbres de la forêt revêtirent de magnifiques parures.




- C’est ridicule ! répéta la petite fille. Arrête !


Puis elle se remit à pleurer.


Léon n’avait pas tout à fait compris pourquoi la petite lui avait parlé ainsi. Cela faisait des années que Léon fabriquait des paysages gais pour les gens tristes.

Et c’est la première fois qu’on lui demandait d’arrêter et surtout  qu’on lui faisait comprendre que c’était ridicule !

 

- Attends petite ! Je voudrais que tu m’expliques : tu n’es pas plus heureuse, là, maintenant, dans cette magnifique forêt ?
 

- Cela n’a rien changé à mon malheur ! Tu vois, aujourd’hui, je pleure parce que Câlin, mon petit chat, a disparu. Crois-tu qu’il reviendra si tu changes la couleur du  paysage ?

 

Ce que Léon venait d’entendre était un peu compliqué pour sa petite tête d’animal.

Mais il avait bien compris que ce n’était pas en changeant les couleurs du Monde qu’il ferait revenir Câlin le petit chat.


- Mais alors, petite, que puis-je faire pour toi ?
 

- Aide-moi vraiment ! Aide-moi à retrouver mon petit chat. Je suis seule et découragée !


Léon, lui aussi était un peu perdu, dans sa tête !

Alors il fit la seule chose qu’il savait faire : il se mit à jouer. Il joua, il joua encore en pensant très fort à la petite fille.

Une musique différente, ni gaie, ni triste, mais qui résonnait, comme un appel, une douce mélodie, comme une caresse qui fit frissonner les feuilles des arbres.


Câlin, perdu au fond de la forêt, entendit cette musique qui ressemblait à la voix de la petite fille.


- Viens, je suis là ! lui disait la musique. Viens, je suis là !

 

Grâce à elle, le petit chat retrouva son chemin et vint se câliner aux chevilles de la petite fille.


- Oh merci Léon ! Merci !
 

- Ne me remercie pas, je t’en prie !
 

- Tu vois, je te l’avais dit, c’est ridicule de vouloir repeindre le monde, il est préférable de lui venir en aide. Ce sont nos yeux qui voient les choses, mais c’est notre cœur qui leur donne une couleur. Lorsque j’avais perdu Câlin, les plus belles fleurs n’avaient pour moi que la couleur du désespoir. Maintenant que Câlin est près de moi, toutes les choses, que je vois, ont des couleurs qui chantent.


 
 


La petite fille déposa un doux baiser sur la joue de Léon qui, pour la première fois de sa vie de caméléon, changea de couleur.


Pour elle, les caméléons auront toujours le goût de la joie et des retrouvailles.


Léon reprit sa route en se répétant, comme pour ne pas l’oublier : « Ce sont nos yeux qui voient les choses, mais c’est notre cœur qui leur donne une couleur. »

 

 

 
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